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Sarko adore l'exercice : provoquer, déstabiliser, ridiculiser. Les journalistes, il ne les mène pas en bateau mais en troupeau. Lui seul dans la salle des fêtes de l'Élysée contre 800 cartes de presse, pour sa rentrée de président le 8 janvier. |
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Sarko est relax avec cette presse présidentielle qu'il tutoie. Mais attention, ll ne fait pas bon poser des questions trop polémiques. Laurent Joffrin, le directeur de Libération, s'y est essayé : «N'êtes-vous pas en train de préparer un pouvoir personnel, une monarchie élective ?» Sarkozy répond sur le ton du mépris : « monarchie et élections, cela ne peut pas aller ensemble ». Une colère surlouée contre le patron de « Libé » pour faire le spectacle devant les caméras et des autres journalistes qui admirent le spectacle (hors champ, il passera un coup de fil à l'éditorialiste pour l'inviter à passer le voir.) (Source : Le canard enchaîné).
Mais quand on veut faire la leçon, on révise ses cours : car la monarchie élective, cela a existé, en Europe et même en France. Et comme le rappelle Jean-François Kahn, « monarchie » vient du grec et signifie « pouvoir d'un seul et non pas pouvoir héréditaire ».
Mais sarko tape d'autant plus fort qu'il sait que son interlocuteur est sans voix. Il ne peut riposter, c'est l'Élysée qui tient le micro. Ce sont les hommes du Président qui choisissent les 22 élus autorisés à interroger. Ce sont eux qui coupent le sifflet. Sitôt la question posée, le micro change de main. Pas de droit de suite pour le questionneur, pas de possibilité de porter la contradiction, d'insister si le chef de l'Etat a répondu à côté.
Et ne comptez pas sur la solidarité de la profession pour rattraper le coup…non, la presse aime se faire chouchouter et se croit irrévérencieuse quand elle pose la question convenue sur le futur mariage du Président. Journalisme de cour plutôt que journalisme tout court.
Lors de la visite officielle de Sarkozy en Inde les 25 et 26 janvier, que dire de Jean-Pierre Elkabbach, journaliste, président de Public Sénat, président de La Chaîne parlementaire et président d'Europe 1, qui voyage dans l’avion du chef de l’Etat, et pas dans celui de la presse ! (Source : Marianne)
Et de cette brave journaliste qui ose interrompre Sarko ce 26 janvier : "Vous n'avez pas répondu à ma question" lance l’inconsciente ! Sarkozy lui rétorque "Dans une démocratie, il n'y pas ceux qui posent les questions et ceux qui y répondent. Ça, c'est pour les commissariats de police. Dans une démocratie, même avec les journalistes, c'est un échange."…on croit rêver ! (Source : Le Monde)
Sarko a annoncé que les « échanges » avec la presse, tel le 8 janvier, seraient amenés à se répéter au moins une fois par trimestre. Il aurait tort de s'en priver, en ces difficiles temps de faible popularité, la propagande, y a que ça de vrai.
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