|
Un homme qui, jadis élève d'écoles privées catholiques, fut viré pour chahut dés sa première retraite religieuse. Un homme qui démarre sa campagne présidentielle au mont Saint-Michel, annonçant que, une fois élu, il se retirera pour méditer dans un monastère et qui, au final se pavane sur le yacht de Bolloré.
Entre sa passion pour les femmes (c’est un « sauteur » comme le dit Cécilia…), et son goût pour l’argent et le luxe qui montre de façon ostentatoire (sa Rolex à 15 000 euros lui a même alourdi la main pour son augmentation de 172 %), Sarkozy ne reflète pas la privation, l’austérité ou le rejet du matérialisme la chère à l’Eglise.
Alors, pourquoi s’être transformé en fou de dieu ?
Devant les dirigeants de l'UMP, reçus, le 16 janvier, à l'Élysée, Nicolas Sarkozy a lâché, « Vous verrez que nos discours sur les religions vont attirer vers nous des gens nouveaux. ». Traduction : Sarko veut récupérer les catholiques traditionnels qui se sont barrés à cause de l'affichage de sa vie privée. En effet, l'électorat âgé et les cathos purs et durs sont déçus par la politique de Sarko, mais encore plus par l'exposition de ses amours et par son goût ostentatoire pour le luxe.
Mais le canard enchaîné soulève une autre piste : la remise en cause de la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat dite loi de 1905.
Officiellement, il n'est pas question de remettre en cause les «grands équilibres » de la loi de 1905. Mais, comme il l'assurait déjà en 2004, Sarko espère un jour « toiletter » la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat. « Ce sera fait durant le quinquennat », pronostique Emmanuelle Mignon, la di¬rectrice de cabinet de l'Élysée. Emmanuelle Mignon est la principale inspiratrice du discours d'intronisation de Sarko comme chanoine honoraire de Saint-Jean-de-Latran à Rome. Amen.
Cette catholique engagée reconnaît que « le Président a la volonté d'avancer sur les conditions d'application de la loi de 1905. Et notamment en élargissant la notion d'association cultuelle ».
En accordant ce label à de nouvelles chapelles, ou à leurs filiales, il s'agit bien de rétablir le financement public des cultes.
Les congrégations religieuses (cathos, protestantes, musulmanes, juives, etc.) ne seraient pas les seules concernées par ce « toilettage ». Les sectes aussi. À commencer par les Témoins de Jéhovah. Déjà considérés comme association cultuelle dans plusieurs départements, ils n'ont besoin que de l'onction de l'Etat pour obtenir ce statut au niveau national et ainsi devenir une « vraie » religion.
Idem pour l'Eglise de Scientologie. Le 30 août 2004, alors qu'il était ministre de l'Economie et des Finances, Sarkozy accueillait, avec Cécilia et en grande pompe, Tom Cruise, vitrine de la Sciento. Un an plus tard, l'acteur re¬connaîtra avoir «parié de tout » à Bercy, « de cinéma, de famille et de Scientologie »… Scientologie qui utilise de nombreux faux nez associatifs. Comme « Les ministres volontaires français », une organisation prétendument caritative qui envoie ses adeptes de par le monde épauler la veuve et l'orphelin.
Sarkozy prépare certainement le terrain et s’apprête donc à raturer un ou deux articles de la sacro-sainte loi de 1905, inscrits sous la rubrique « Principes » : « La République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte. ». Même celui de la personnalité ? (Dixit : Le canard enchaîné)
|