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Dans son discourt, le président décrète : «à partir de la rentrée scolaire 2008, tous les enfants de CM2 se [verront] confier la mémoire de l’un des 11 000 enfants français victimes de la Shoah».
Quelle joie pour un enfant de 10 ans de se retrouver en confrontation directe avec l’horreur d’un génocide ! L'ancienne ministre Simone Veil, déportée à 16 ans, juge les propositions de Sarkozy : "C’est inimaginable, insoutenable, dramatique et, surtout, injuste. On ne peut pas infliger cela à des petits de 10 ans! On ne peut pas demander à un enfant de s’identifier à un enfant mort. Cette mémoire est beaucoup trop lourde à porter. Nous-mêmes, anciens déportés, avons eu beaucoup de difficultés, après la guerre, à parler de ce que nous avions vécu, même avec nos proches. Et, aujourd’hui encore, nous essayons d’épargner nos enfants et nos petits-enfants. Par ailleurs, beaucoup d’enseignants parlent -très bien- de ces sujets à l’école."
Doit-on s’en Môquet !?
Et revoilà le président du spectacle ! Le coup de la lettre de Guy Môquet n’avait pas suffi : une nouvelle controverse de plus qui suscitera le débat entre le bon peuple, historiens, psychologues et enseignants. En attendant que la guerre au Tchad se calme, que le pouvoir d’achat augmente et que la police piège, tabasse puis expulse les sans papier pour réponde aux quotas…nous sommes prié de regarder ailleurs et Sarkozy nous y aide.
Alors allons-y. Restons sur la police, question : va-t-on présenter aux petits enfants le rôle de la police lors des rafles de juifs ? Il serait intéressant de voir l’image que la police tire de cette expérience…on peut se demander si des enfants de 10-11 ans ont les outils de la connaissance et le recul nécessaire pour analyser et prendre la mesure d’une rafle ou d’un génocide.
À croire qu’il n’y a pas assez de problèmes à s’occuper, Sarkozy veut en plus établir les cours d'histoire, or les instituteurs, tout comme les historiens, n’ont pas à recevoir d’ordre des politiciens, même du président. Les programmes scolaires doivent être détachés de la politique et ne s’improvises pas à la demande d’untel. La pédagogie des programmes permet aux instituteurs d’aborder le génocide, en classe, collectivement, sans y mettre de surcharge affective et en temps voulu.
Le 24 janvier, Xavier Darcos, le ministre de l’Education, déclarait dans le Figaro « Il faut faire de l'école à l'école ! Notre plan pour l'école primaire vise à dresser les objectifs avec clarté sur ce que doivent savoir les enfants au primaire ». Je ne suis pas qu’établir une relation avec un enfant gazé rentre dans le « savoir » mais plutôt, à cet age, de l’émotionnel.
Pas de repentance ?
Petit rappel d’un discours de Sarkozy l’année dernière à Metz, le 17 avril 2007. « Pourquoi tant de haine ? Parce que je n’accepte pas la repentance ? Parce que je ne veux pas qu’on demande aux enfants d’expier les fautes supposées de leurs pères ? Parce que je considère que la France n’a pas à avoir honte de son histoire ? Parce que je dis que la France n’a pas inventé la solution finale, ni commis de génocide et qu’elle est le pays au monde qui a le plus fait pour la liberté des hommes ? »…Voilà pourquoi il ne faut pas que le politicien se mêle de l’éducation. Le politicien n’a aucune conviction et n’a qu’un objectif : séduire le plus de monde pour accéder au pouvoir. L’éducation est intemporelle et exige de la neutralité.
Le plus révoltant c’est le besoin qu’à Sarkozy de balancer des propos pour séparer les Français afin qu’il puisse discrètement s’intercaler entre eux.
Comment réagira une famille très catholique ou musulmane quand on demandera à leur fils ou à leur fille d’incarner le souvenir d’un petit juif ?
A constamment montrer le peuple juif comme la victime, Sarkozy alimente les surenchères des souffrances et établit une hiérarchie entre les douleurs communautaires.
Pourquoi ne pas parler des victimes du colonialisme, des noirs qui ont pu goûter en préséance aux tortures nazies et aux chambres à gaz, des enfants tués par les soldats français en Algérie ou, plus proche, des enfants soldats armés par Dassault au Tchad…
La France reste le 4e sponsor des guerres dans le monde, ça en fait des morts ! Mais apparemment pour Sarkozy, le devoir de mémoire à ces clients tout comme la repentance.
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